vendredi 13 janvier 2017

L'amie prodigieuse, tome 1 : Enfance, Adolescence, Elena Ferrante


Note : ****


Présentation de l'éditeur, Gallimard:

"Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle était pleine de violence. C'était la vie, un point c'est tout: et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile."

Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise.
Lila abandonne l'école pour travailler dans l'échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s'éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition.

Formidable voyage dans l'Italie du boom économique, L'amie prodigieuse est le portrait de deux héroïnes inoubliables qu'Elena Ferrante traque avec passion et tendresse.



Lire le début



L'auteur :

Elena Ferrante est un pseudonyme. Personne ne sait exactement qui elle est, même si certains poussent leurs investigations loin, je préfère garder la volonté d'anonymat de l'auteur.

Elle est déjà auteure de plusieurs livres (romans, recueil) : L'Amour harcelant, Les jours de mon abandon, La Frantumaglia.

En 2011 a été publié le premier volume du cycle "L'amie prodigieuse", une tétralogie sur un quartier napolitain des années 50.


Ma critique :

Je me suis laissée gagner par la fièvre de la quadrilogie "L'amie prodigieuse" et j'en suis ravie !

Ce 1er tome relate l'enfance et l'adolescence de tout un quartier napolitain dans les années 50 avec un focus sur la narratrice, Elena et sa relation amicale quelque peu fusionnelle et destructrice avec Lila.
J'ai beaucoup aimé cette relation d'admiration, de confrontation, de dépassement et de stimulation intellectuelle. Jusqu'au ira-t-elle ?

Il y a beaucoup de "buzz" autour de cette auteure mais moi ce qui me marque c'est cette capacité à nous narrer presque 15 ans de vie sur plus 400 pages alors qu'il ne s'y passe peu de choses. Comme tous les romans d'apprentissage, bien sur, on suit l'évolution de nos personnages et pas que les 2 principales, on s'attache réellement aux copains, aux copines, aux mamans, aux papas et aux intrigues. Alors ces toutes petites choses qui fondent les êtres prennent au fur et à mesure de l'ampleur et du sens pour comprendre tel ou tel personnage.

Un autre personnage est ce quartier napolitain étouffant, angoissant, violent dans ses propos et ses actes, sclérosé par la pauvreté, le pouvoir de l'argent, l'honneur familial qui se transmet de génération en génération et qui pèse de tout son poids de la naissance à ...peut-être la vieillesse (je dois lire les autres tomes pour cela). le quitter est difficile et l'envie de le quitter l'est encore moins.

Alors notre petite héroïne avec ses supers notes, va-t-elle prendre son courage à deux mains et tout quitter pour se retrouver elle-même ?

Vite la suite ...

(je n'ai pas mis les 5 étoiles parce que tout au long du livre, j'avais en tête l'ambiance générale du livre de Laurent Gaudé, le soleil des Scorta et il m'a apporté un véritable plus pour vraiment donner de l'ampleur aux propos d'Elena Ferrante qu'il me manquait quelque part ...)

Quelques citations relevées :

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C'était comme si, par quelque vilain tour de magie, la joie ou la douleur de l'une impliquaient la douleur ou la joie de l'autre.

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Elle s'arrêta pour m'attendre et, quand je la rejoignis, me donna la main. Ce geste changea tout entre nous, et pour toujours.

*********************************************************************************   Il n'existe aucun geste, aucune parole ni soupir qui ne contienne la somme de tous les crimes qu'ont commis et que continuent à commettre les êtres humains.               
 
       
Fiche technique :

Editeur: Gallimard    Date d'édition : Octobre 2014    400 pages




mardi 10 janvier 2017

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

Note : *****

Récompenses:

Prix France Télévision - 2016
Grand Prix RTL-Lire - 2016
Prix du roman des étudiants France Culture - 2016

Présentation de l'éditeur, Finitude:

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.

Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.



Lire le début



L'auteur :

Olivier Bourdeaut est né au bord de l’Océan Atlantique en 1980. L’Education Nationale, refusant de comprendre ce qu’il voulait apprendre, lui rendit très vite sa liberté. Dès lors, grâce à l’absence lumineuse de télévision chez lui, il put lire beaucoup et rêvasser énormément.

Durant dix ans il  travailla dans l’immobilier allant de fiascos en échecs avec un enthousiasme constant.  Puis, pendant deux ans, il devint responsable d’une agence d’experts en plomb, responsable d’une assistante plus diplômée que lui et responsable de chasseurs de termites, mais les insectes achevèrent de ronger sa responsabilité. Il fut aussi ouvreur de robinets dans un hôpital, factotum dans une maison d’édition de livres scolaires – un comble – et cueilleur de fleur de sel de Guérande au Croisic, entre autres.

 Il travaille durant deux ans à l'écriture d'un premier roman, sombre, qui ne trouvera cependant aucun éditeur. Alors qu'il réside chez ses parents en Espagne il se consacre à l'écriture, rapide en sept semaines, d'un autre roman léger et loufoque qui deviendra En attendant Bojangles. Paru en janvier 2016 chez Finitude, il est récompensé du prix France Culture-Télérama 2016, du grand prix RTL-Lire 2016, du prix Emmanuel Roblès 2016 et du prix Roman France Télévisions 2016.


Ma critique :

Que ferait-on par amour ? cette sempiternelle question ... tout quitter sur un coup de tête? banal ! Cacher un corps ? surfait !
Mais vivre dans un monde fantasque où l'on change de prénom chaque jour, où on adopte une grue, où on laisse s'amonceler les factures et jeter au bas de l'escalier l'huissier, où on abandonne son travail pour mener pleinement cette vie sans contrainte, sans conformisme, alors, là, oui, on est au centre de l'amour où tout ce qui compte c'est vivre avec l'autre sa vie.
C'est ainsi que cette famille va vivre, au gré des lubies de Louise surement bi-polaire et plutôt que de la ramener dans la réalité, c'est toute la famille qui va vire dans sa folie : faire des soirées toutes les nuits, acheter un château en Espagne par provocation, organiser un kidnapping, ... jusqu'au point de non retour.

"Quand la réalité est banale et triste, inventez-moi une belle histoire, vous mentez si bien, ce serait dommage de vous en priver"dit-elle à son fils.
Comment notre narrateur se construit en vivant dans le mensonge, le fantasque ? Eh bien il a l'air de bien s'en sortir puisqu'il est d'un optimisme à tout épreuve et même dans les moments difficiles, la vie devient un jeu, un film, une danse.

J'ai beaucoup aimé ce livre où l'on retrouve une touche de Vian, de Forrest Gump et le tout dans un univers de douce mélancolie où l'on sourit avec eux tout en sentant le drame caché au fond de cette vie trépidante.

On ne sait pas s'il faut rire ou pleurer, du grand n'importe quoi !
"C'était vraiment n'importe quoi, parce que la vie c'est souvent comme ça, et c'est très bien ainsi"

Quelques citations relevées :

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D'elle, mon père disait qu'elle tutoyait les étoiles, ce qui me semblait étrange car elle vouvoyait tout le monde, y compris moi

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Pour que mon écriture aille dans le bon sens, la maîtresse m'a fait envoyé chez une dame qui redressait les lettres sans jamais les toucher et qui, sans outil, savait les bricoler pour les remettre à l'endroit.

*********************************************************************************   Et moi, j'allais devoir apprendre à vivre sans eux. J'allais pouvoir répondre à une question que je me posais tout le temps. Comment font les autres enfants pour vivre sans mes parents ?                        
   
         
Fiche technique :

Editeur: Finitude     Date d'édition : Janvier 2016    160 pages


Pour aller plus loin :


Olivier Bourdeaut parle son livre

1er Roman et déjà invité à La Grande Librairie + petit bonus de Lucchini


Et enfin pour le plaisir des oreilles et se mettre dans l'ambiance du livre, le titre de Nina Simone au coeur du livre : Mr Bojangles

dimanche 1 janvier 2017

Challenge Multi-Défis 2016


Bonjour à tous, 

Le grand jour est enfin arrivé ! 
L’ouverture officielle du nouveau challenge pour la nouvelle année 2016 : 
le CHALLENGE MULTI - DEFIS. 

1/ Choisissez votre niveau de challenger : 

Le challenge se composera de 3 paliers de difficulté + d'1 palier BONUS : 
NIVEAU AMATEUR : 15 livres lus et critiqués 
NIVEAU PROMETTEUR : 26 livres lus et critiqués 
NIVEAU PROFESSIONNEL : 52 livres lus et critiqués 
NIVEAU BONUS EXPERT : 60 livres lus et critiqués 

2 / Valider au fur et à mesure de vos lectures les différentes catégories: 

Pour être comptabilisé, un livre devra obligatoirement être lu et critiqué (sur Babelio ou sur blog personnel) entre le 1er janvier et le 31 décembre 2016. 
Les informations à fournir pour notifier les avancées du challenge seront : 
Titre - Auteur - Item + lien vers la critique 

Chaque participant disposera d'un JOKER lui permettant d'annuler et de remplacer n'importe quel item de son choix. L'utilisation du JOKER devra être clairement indiquée sur le forum 

Règle spéciale pour BD/comics/roman graphique : le nombre autorisé est évolutif selon le niveau ; merci de spécifier "BD" lors de vos posts lorsque c'est le cas. 
1 pour NIVEAU AMATEUR 
2 pour NIVEAU PROMETTEUR 
3 pour NIVEAU PROFESSIONNEL 
4 pour NIVEAU BONUS EXPERT 

Les items peuvent être lus dans le désordre 

ATTENTION ! 1 item (catégorie) = 1 livre (contrairement au challenge 2015, un livre ne pourra pas correspondre à plusieurs items) 

Afin d’y voir plus clair, de suivre votre avancée et de prendre des idées auprès des autres challengers, il y a le “fameux” fichier de suivi, indispensable pour tout challenge qui se respecte : 


Pour ma part, je tente le niveau PROFESSIONNEL : 52/52 avec 3 BD

Voici les thèmes proposés :

Un classique étranger - Black Boy - Richard Wright
Un livre "âme sensible s'abstenir" (émotions fortes, épouvante, etc.) - Si tout n'a pas péri avec mon innocence - Emmanuelle Bayamack - Tam
Un livre avec le mot "jardin" dans le titre 
Un livre avec un végétal dans le titre - La Rose écarlate - Patricia Lyfoung (BD)
Un livre avec une usurpation d'identité - Pardonnable, impardonnable - Valérie Tong Cuong
Un livre basé sur la légende arthurienne (ou autre légende) - Lancelot - Claude Merle
Un livre d'art ou une biographie d'artiste - La Terre vue du ciel - Yann Artus-Bertrand
Un livre de Bit-lit (mélange de fantasy urbaine et de chick-lit) 
Un livre de fantasy (ou fantastique) - La passe-miroir T1 - Christelle Dabos
Un livre de plus de 700 pages 
Un livre découvert sur l'ile déserte d'un ami Babelio - Robe de marié - Pierre Lemaître
Un livre dont la couverture vous a fait craquer - La part des flammes - Gaelle Nohant
Un livre dont l'action se déroule dans le passé - Ce coeur changeant - Agnès Desartre
Un livre dont le narrateur est un enfant (ou un adolescent) - Le Cœur à la craie - Daniel Picouly
Un livre dont le titre comporte un nom de lieu - Juste avant l'Oubli - Alice Zeniter
Un livre dont le titre comporte un prénom - Antigone - Jean Anouilh 
Un livre dont le titre comprend une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) 
Un livre dont le titre contient un verbe à l'infinitif - Danser les ombres - Laurent Gaudé
Un livre dont le titre mentionne un animal - La dame au petit chien - Anton Tchechov
Un livre dont le titre ne comporte pas d'article (ni définis, ni indéfinis, ni partitifs) - Pars avec lui - Agnès Ledig
Un livre dont l'histoire se déroule dans un milieu hostile - Les cavaliers d'Allah - Geneviève Chauvel
Un livre d'outre mer (DOM / TOM) 
Un livre du "bout du monde" (dans son thème ou de par son auteur) - Baguettes chinoises - Xinran
Un livre d'un auteur africain (ou se déroulant exclusivement en Afrique) - Petit Piment - Alain Mabanckou
Un livre d'un auteur enfant d'écrivain - L'homme de ma vie - Yann Queffelec
Un livre d'un auteur européen non francophone - La couleur de l'eau - Kate Hudson
Un livre d'un auteur québécois 
Un livre d'un genre que vous détestez (ou croyez détester) - Les enfants perdus - Peter Straub
Un livre d'un pays nordique - L'assassin qui rêvait d'une place au paradis - Jonas Jonasson
Un livre d'une maison d'édition peu connue - Les bonnes moeurs - Timothée Gaget
Un livre écrit à quatre mains - Bastien et les blipoux - Adele Faber / Elaine Mazlich (BD)
Un livre en rapport avec la cuisine gastronomique - Un chemin de tables - Maelys de Kerangal
Un livre érotique - L'insoutenable légèreté de l'être - Milan Kundera
Un livre listé dans le top 100 des "livres les plus populaires de tous les temps" sur Babelio - La métamorphose - Kafka
Un livre pioché au hasard dans votre PAL - Les mouches - Jean-Paul Sartre
Un livre post-apocalyptique - 2084 - Boualem Sansal 
Un livre qui se déroule dans votre région d'enfance ou pays d'origine - Les lisières - Olivier Adam
Un livre présent dans ma PAL depuis plus d'un an - Du côté de chez Swann - Marcel Proust
Un livre qui a gagné un prix littéraire (ou dont l'auteur a obtenu le NOBEL de littérature) - Jacob, Jacob -  Valérie Zenatti
Un livre qui aborde le thème de la fraternité - Bon rétablissement - Marie-Sabine Roger
Un livre qui cible l'un des 7 péchés capitaux (paresse, colère, luxure, gourmandise, envie, avarice ou orgueil) - Vernon Subutex, Tome 1, Virginie Despentes
Un livre qui vous a marqué(e) (relecture) - Le petit Prince - Antoine de Saint Exupéry
Une fresque familiale - Le soleil des Scorta - Laurent Gaudé
Un livre reçu pour Noël ou pour un anniversaire - D'après une histoire vraie - Delphine De Vigan
Un peplum (Antiquité romaine, grecque, asiatique ou égyptienne)  - Electre - Jean Giraudoux
Un récit historique asiatique (BD, mangas acceptés) 
Un roman dans lequel la mer occupe une place essentielle - Vingt mille lieues sous les mers - Jules Verne
Un roman d'aventures - Astérix, tome 2 : La serpe d'or - Uderzo et Goscinny ( BD)
Un roman de la littérature jeunesse ou jeune adulte - Nouvelles d'ados - Prix Clara 2015
Un roman dont le titre compte plus de 5 mots - Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier - Patrick Modiano
Un roman épistolaire (journaux et mémoires acceptés) - Recettes de bonheur pour temps difficiles - Suzanne Hayes et Loretta Nyhan
Un roman inspiré d'une histoire vraie - L'ami retrouvé - Fred Uhlman
Un roman qui se passe en temps de guerre - Le quatrième mur - Sorj Chalandon 
Un western - Mille femmes blanches - Jim Fergus
Une biographie (essai ou biographie romancée) - L'homme qui ment - Marc Lavoine
Une œuvre écrite en vers - Les cents plus beaux poèmes de la langue française - Jean Orizet
Un roman traitant d'un secret de famille - Les ombres de Kervadec - Le Nabour

Voilà le Multi-Défis de 2016 est terminé et j'ai atteint mon objectif 52 lectures 😄. Bon je n'ai ps mis à jour toutes mes critiques mais elles vont arriver au fur et à mesure, promis 😇

Pour le fun, j'essaye de le compléter par la suite et je rempile pour le Multi-Défis 2017

dimanche 14 août 2016

Jacob, Jacob, Valérie Zenatti


Note : *****

Récompenses:

Prix Inter - 2015
Prix Méditerranée - Français - 2015

Présentation de l'éditeur, L'Olivier:

«Le goût du citron glacé envahit le palais de Jacob, affole la mémoire nichée dans ses papilles, il s’interroge encore, comment les autres font-ils pour dormir. Lui n’y arrive pas, malgré l’entraînement qui fait exploser sa poitrine trop pleine d’un air brûlant qu’elle ne parvient pas à réguler, déchire ses muscles raides, rétifs à la perspective de se tendre encore et se tendant quand même.»

Jacob, un jeune Juif de Constantine, est enrôlé en juin 1944 pour libérer la France. De sa guerre, les siens ignorent tout. Ces gens très modestes, pauvres et frustes, attendent avec impatience le retour de celui qui est leur fierté, un valeureux. Ils ignorent aussi que l’accélération de l’Histoire ne va pas tarder à entraîner leur propre déracinement.

L’écriture lumineuse de Valérie Zenatti, sa vitalité, son empathie pour ses personnages, donnent à ce roman une densité et une force particulières.



Lire un extrait



L'auteur :

Née à Nice en 1970, dans une famille juive, Valérie Zenatti a émigré en Israël à l’âge de 13 ans. Avec sa famille, elle a vécu à Beer-Sheva, ville du sud d'Israël. De 1988 à 1990, elle effectue son service militaire comme toutes les jeunes Israéliennes de son âge.

Elle revient en France pour y suivre des études d’histoire et d’hébreu (qu’elle a approfondi à l’Inalco). Elle est d’abord journaliste, puis passe le Capes pour devenir professeur d’hébreu, son premier poste est à Lille.

Son premier roman, Une addition des complications, a été publié en 1999. Une douzaine de titres ont suivi, dont Une bouteille dans la mer de Gaza, paru en 2005, qui a reçu une vingtaine de prix, a été traduit dans quinze pays, adapté au théâtre et par elle-même et le réalisateur Thierry Binisti pour le cinéma sous le titre Une bouteille à la mer, sorti en 2012 en France

Romancière, elle est l’auteur de En retard pour la guerre et Les Âmes sœurs (Éditions de l'Olivier, 2006 et 2010). Mensonges, paru en 2011, est un récit qui se fait l’écho de l’œuvre de Aharon Appelfeld, dont elle est par ailleurs la traductrice. En 2014 elle publie Jacob, Jacob qui est sélectionné pour plusieurs prix littéraires et qui sera récompensé en 2015 par le prix du Livre Inter.

Ma critique :

Jacob est le dernier garçon de la fratrie, et il a tout d'un ange : il n'use pas de la force, de la violence de regards durs pour perpétuer les traditions familiales tout aussi injustes que barbares. Non, Jacob est l'avenir, il est instruit, il parle l'arabe, le français et l'anglais, il est doux, aime les enfants et son pays.

Mais comme tous les français d'Algérie et d'ailleurs, il s'engage dans la 2nde guerre mondiale. Il quitte les paysages somptueux de Constantine, la chaleur des femmes de la famille et rencontre un groupe multi-ethnique, multi-religieux . Ensemble, ils remonteront de la Provence à l'Alsace pour repousser, tuer l'ennemi et sauver la France. Ils découvriront l'horreur de la guerre, la joie de la libération, l'amour, ...

Une partie du roman se concentre sur ces femmes de la famille : la grand-mère qui attend son petit dernier, va affronter seule la ville pour lui apporter un panier de victuailles, le voit dans son petit-fils ; la belle-fille qui ne cesse d'enfanter des filles, qui vit ses tragédies dans une solitude infinie et les petites filles. On y découvre surtout Camille, la cadette qui représente la jeunesse des années 60, la révolte de la femme, ce que les anciennes auraient rêvé faire, vivre pour elle-même.

Et enfin, la dernière partie qui aborde la guerre d'Algérie mais très sommairement ... (qui est pour moi le petit moins de cette lecture; j'aurais préféré un arrêt avant et un autre livre sur ce thème).

Encore un livre court mais intense, l'écriture de Valérie Zénatti est sensitive dans la description des paysages, des rues, des repas de familles, ... et psychologique dans la compréhension des mœurs des juifs d'Algérie tout en pudeur, nostalgie et amour.

Quelques citations relevées :

Pourtant, Monsieur Baumert leur avait dit que la poésie résiste à tout, au temps, à la maladie, à la pauvreté, à la mémoire qui boite, elle s'inscrit en nous comme une encoche que l'on aime caresser, mais les vers, ici, ne trouvent pas leur place, ils jurent avec les uniformes, sont réduits au silence par les armes.

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Par la grâce des mots de Jacob, du ton distingué qui les sculpte, des gestes souples qui l'accompagnent, l'appartement se transforme en château de Versailles et les deux femmes sont fascinées par la lumière qui inonde subitement la pièce, elles entrevoient une vie chimérique où les hommes parleraient aux femmes comme à des êtres précieux, dignes de respect et d'amour...

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Constantine, ocre et blanche, resserrée autour de son rocher,fière de son pont suspendu et des cinq autres ponts tendus autour d'elle,ville forteresse amoureuse des gorges qui la fendent en deux, disparaît brutalement au détour d'un virage, comme si elle n'avait jamais existé ailleurs que dans leurs jeux, leurs joies et leurs terreurs d'enfant.                                
     
           
Fiche technique :

Editeur: L'Olivier       Date d'édition : Aout 2014    168 pages


Pour aller plus loin :


Valérie Zenatti parle son livre

La part des flammes, Gaëlle Nohant

Note : *****

Récompenses:

Prix des lecteurs "Livre de poche" - 2016
Prix France bleu / Page des Libraires - 2015

Présentation de l'éditeur, Héloïse d'Orsmesson:

Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse rue Jean-Goujon à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers le comptoir n° 4, tenu par la charismatique duchesse d’Alençon.

Au mépris du qu’en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d’Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles.

Dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, la bonté de Sophie d’Alençon leur permettra-t-elle d’échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l’incendie du Bazar de la Charité.

Enlèvement, duel, dévotion, La Part des flammes nous plonge dans le Paris de la fin du XIXe au cœur d’une histoire follement romanesque qui allie avec subtilité émotion et gravité.



Lire le 1er chapitre



L'auteur :

Née à Paris en 1973, Gaëlle Nohant vit aujourd’hui à Lyon. Elle est lauréate avec Jennifer D. Richard (Bleu poussière) de l'édition 2007 de la Résidence du premier roman consacrée à la littérature fantastique. La Part des flammes est son deuxième roman après L’Ancre des rêves, 2007 chez Robert Laffont, récompensé par le prix Encre Marine. Elle est également l’auteur d’un document sur le rugby et d’un recueil de nouvelles.

Gaëlle Nohant se consacre à l’écriture depuis une dizaine d’années. Inspirée notamment par Dickens et par les écrivains victoriens, cette jeune femme qui construit le canevas de sa narration à partir d’une base documentaire importante, défend une littérature à la fois exigeante et populaire.

Ma critique :

Après le Moyen-Age, je me suis plongée dans cette histoire du XIXeme. Eh bien, si peu d'évolution dans les rapports humains, dans les conditions de la femme ...

Toutes les femmes de l'aristocratie française rêvent d'être au Bazar de la charité, fier étendard de la foi chrétienne, pour la grande majorité qui tient plus de l'apparat que d'une foi profonde et sincère. Mais pour Violaine de Raezal l'enjeu est autre, d'une part il s'agit d'honorer le vœu de son mari décédé mais également de pouvoir subvenir à ses besoins car sans mari, on est plus rien, et encore pire lorsque nos beaux-enfants nous haïssent. Alors lorsque la duchesse d'Alencon la prend son aile (tout comme la jeune Constance), elle se prend d'une amitié sincère et dévouée pour ses femmes qui cachent une blessure comme elle.

Tout ce beau monde est là et plus encore en ce jour funeste puisque le nonce sera présent. Peu après son départ, un feu se déclare et envahit tout le Bazar, emportant femmes, enfants, hommes, aristocrates comme petites gens.

Qui survivra à cette hécatombe ? Combien en resteront marqué à vie ? Comment peut-être exister dans cette société d'apparence avec les stigmates du feu ?
Heureusement, de véritables amitiés vont se nouer et faire s'élever les personnes fragiles mais humaines.

Gaelle Nohant utilise une plume classique, riche digne du 19ème siècle pour décrire cette époque ravagée par le paraître, régie par le christianisme où les dualités pauvre/aristocratie, hommes/femmes sont encore catégorisées en castres intouchables.


Un magnifique roman historique !

Quelques citations relevées :

- Jamais elle ne trouvera de mari. C'est fini, continua-t-elle, les larmes lui montant aux yeux.
- Peut-être la voudra-t-il encore, lui...
- Allons, il n'est pas stupide à ce point, rétorqua Amélie. 

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Quand elle entendait dire que les romans étaient de dangereux objets entre les mains d’une jeune fille, elle ne protestait plus. Puissants et dangereux, oui, car ils vous versaient dans la tête une liberté de penser qui vous décalait, vous poussait hors du cadre. On en sortait sans s’en rendre compte, on avait un pied dansant à l’extérieur et la cervelle enivrée, et quand on recouvrait ses esprits, il était trop tard.
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Violaine de Raezal se disait que s'il était un bonheur possible sur cette terre, on ne pouvait y accéder qu'en laissant mourir certaines choses en soi. Toutes ces choses lourdes et encombrantes qui étaient un grenier plein d'objets cassés et poussiéreux que l'on osait mettre au rebut, mais qui arrêtaient la lumière.                                  
       
             
Fiche technique :

Editeur: Heloïse d'Ormesson         Date d'édition : Mars 2015    496 pages


Pour aller plus loin :


Gaelle Nohant présente son livre


Gaelle Nohant interviewée lors du Salon de Saint-Maur en 2016



N’hésitez pas à aller son site et son café littéraire 

Du domaine des murmures, Carole Martinez

Note : *****

Récompenses:

Prix Goncourt des lycéens - 2011
Prix des lecteurs de Corse -  2012
Prix des lecteurs des écrivains du Sud - 2012
Prix Marcel Aymé - 2012

Présentation de l'éditeur, Gallimard:


En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire "oui" : elle veut faire respecter son vœu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe... Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.

Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d'une sensualité prenante.



Feuilletez le livre



L'auteur :

Carole Martinez est née en 1966, elle a vécu la majeure partie de sa vie en Moselle.

"Le cœur cousu" est son premier roman, il lui a valu à Saint-Malo en 2007 le troisième prix Ouest-France Étonnants Voyageurs. Le souffle lyrique et la force poétique de ce premier roman aux allures de conte ont séduit les dix jeunes jurés.

En 2011, elle publie "Du domaine des murmures" qui remporte un succès critique et public, il est récompensé par le Goncourt des lycéens. Son récit prend vie au Moyen-Âge en Franche-Comté, au sein du château de Hautepierre aussi l'ouvrage reçoit en 2012 le prix Marcel Aymé décerné par le conseil régional de Franche-comté.... 

Ma critique :

Pour échapper à un mariage arrangé, Esclarmonde dit préférer se consacrer à Dieu et se fait emmurée. Commence alors une longue fable sur le devenir de la femme, sur la foi, sur la violence des hommes.

Carole Martinez, sous des airs mystiques met à mal la foi, en donnant à son héroïne quelques airs de Marie et donnant des explications bien réelles à tous ces "miracles qu'elle rencontrera, qu'elle engendrera".
Alors que l'auteur parle avec douceur et poésie de la maternité, de l'attachement, elle est également capable de violence dans ses propos lorsque évoque la croisade.

J'ai aimé ce livre emprunt de Moyen-Age sans nous envahir du langage, des expressions de l'époque. Elle a su être parcimonieuse dans l'utilisation de son savoir et ses recherches. Et son écriture est poétique, vraie, violente et acerbe.

Une belle découverte qui me pousse à lire d'autres œuvres.

Quelques citations relevées :


Je n'avais pas menti, je m'étais contentée de taire une vérité que personne n'avait envie d'entendre et mon silence avait offert un espace blanc à broder, un vide dont chacun s'était emparé avec délice.    

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Entre le sommet et l'abîme, il n'y a qu'un pas et la chute menace ceux qui tentent de grimper trop vite, trop haut. La chute ou le gibet !
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Et moi, j’étais entrée dans ma cellule comme en un navire, j’y avais essuyé des tempêtes, abordé des terres inconnues, j’y avais tout perdu et tellement espéré. Comment pouvait-on tant apprendre, tant changer, tant souffrir, tant vieillir, en si petit espace ? 
  Je n'avais pas menti, je m'étais contentée de taire une vérité que personne n'avait envie d'entendre et mon silence avait offert un espace blanc à broder, un vide dont chacun s'était emparé avec délice.                                       
                     
Fiche technique :

Editeur: Gallimard         Date d'édition : Aout 2011    208 pages


Pour aller plus loin :



Carole Martinez présente son livre


Carole Martinez est interviewée au salon du livre de Colmar en 2012


La passe-mirroir, tome 2 : Les disparus du ClairdeLune, Christelle Dabos

Note : *****


Présentation de l'éditeur, Gallimard:

Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Sont-elles liées aux secrets qui entourent l’esprit de famille Farouk et son Livre ?
Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.



Feuilletez le livre



L'auteur :

Christelle Dabos est née en 1980 sur la Côte d'Azur. Elle commence à gribouiller ses premiers textes sur les bancs de la faculté et se destine à être bibliothécaire quand la maladie survient.

L'écriture devient alors une seconde nature, notamment au sein de Plume d'Argent, une communauté d'auteurs sur Internet.

Elle décide de relever son premier défi littéraire grâce à leurs encouragements et devient ainsi la grande lauréate du Concours du premier roman jeunesse.

Christelle Dabos vit en Belgique.

Ma critique :

Dans ce 2ème tome, on suit Ophélie dans les méandres de la cour au plus près de Farouk où il faut exister pour survivre. Notre héroïne va donc prendre de l'ampleur, de l'assurance où tantôt elle passe d'un rôle de Molière à celui de Sherlock Holmes. En effet, dans ce tome, on est confrontés à une enquête policière mêlée de magie : Mais où sont-donc passer les disparus ? Pourquoi ces personnes-là précisément ?

Le fil rouge du 1er tome se déroule encore : Que recèle ce Livre ? Sera-t-il lu ? Qu'en ressortira-t-il ?
Et qui est Dieu, qui ponctuait le 1er tome et dont on découvre un peu plus ses intentions dans ce 2ème ?

Le personnage de Thorn prend toute son humanité dans ce tome : on y découvre l'homme, l'enfant, le fils et l'amoureux. Alors que son impopularité auprès des nobles augmente, le respect, l'amitié d'Ophélie à son encontre ne va qu'aller en se développant. Jusqu'où ? Et le mariage aura-t-il lieu ? quelles conséquences lors de l'union de leurs pouvoirs ?

Ce 2ème tome est tout aussi riche en référence du 17eme siècle, de fantastiques. J'ai encore apprécié son écriture, son intrigue, son monde à elle mais j'ai trouvé l'enquête policière un peu longue et étais aussi déçue par cette lecture du Livre que le Roi Farouk.

Vivement le 3ème tome pour voir ou nous mènera Christelle Dabos dans la suite de ses aventures et ce qu'elle nous réserve autour du Dieu, et de cette création du monde ...

Quelques citations relevées :

Il en allait toujours ainsi avec elle : plus elle avait le cœur gros et plus sa tête était vide.

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Vous m’avez voulu honnête avec vous. Vous apprendrez donc que vous n’êtes pas pour moi qu’une paire de mains. Et je me contrefiche que les gens me trouvent douteux, du moment que je ne le suis pas à vos yeux. 
                                         
                       
Fiche technique :

Editeur: Gallimard Jeunesse         Date d'édition : Octobre 2015     560 pages

Pour aller plus loin :



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