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lundi 25 juillet 2016

La dame au petit chien, Anton Tchechov

Note : *****


Présentation de l'éditeur, Librio:


Comme deux oiseaux migrateurs enfermés dans des cages séparées... Gourou et la dame au petit chien sont faits l'un pour l'autre. Leur amour est violent, brûlant. Et pourtant si douloureux... Pourquoi a-t-elle déjà un mari ? Et lui une femme ? Pourquoi doivent-ils se cacher, vivre comme des voleurs ?

Comme la vie dont ils se contentaient naguère leur semble aujourd'hui médiocre, étriquée ! Et comme ils voudraient s'en affranchir! Mais pourront-ils briser ces chaînes qui les retiennent ? Assumer leur bonheur? Vivre enfin?



Accès au livre



L'auteur :


Anton Pavlovitch Tchekhov ou Tchékhov1 (en russe : Антон Павлович Чехов2), né le 29 janvier (17 janvier) 1860 à Taganrog (Russie) et mort le 15 juillet 1904 à Badenweiler (Allemagne), est un écrivain russe, principalement nouvelliste et dramaturge.

Tout en exerçant sa profession de médecin, il publie entre 1880 et 1903 plus de 600 œuvres littéraires ; certaines pièces souvent mises en scène à l'heure actuelle — La Mouette, La Cerisaie, Oncle Vania — font de lui l’un des auteurs les plus connus de la littérature russe, notamment pour sa façon de décrire la vie dans la province russe à la fin du XIXème siècle.


Ma critique :

Première nouvelle que je lis de cet écrivain russe.

L'histoire et la thématique est semblable à beaucoup d'autres du 19eme siècle : la rencontre qui changera notre vie, l'amour, la passion.

Je ne suis pas émerveillée par sa plume ni par ses personnages. Je n'ai pas été embarqué dans cette aventure frivole.

Quelques citations relevées :

Dans cette constance, dans cette indifférence complète à la vie et à la mort de chacun d'entre nous, se dissimule peut être le gage de notre salut éternel, du mouvement continu de la vie sur terre, de la perfection continue.
                       
Fiche technique :

Editeur: Librio          Date d'édition : 1996 (1899)   122 pages

Pour aller plus loin :



Extrait video de la pièce de Claude Merle


Extrait du film "Les Yeux Noirs" tiré de la dame au petit chien


vendredi 15 juillet 2016

Le joueur, Fédor Mikaïlovitch Dostoïevski



Note : *****


Présentation de l'éditeur, Librio:

Le jeu brûle tout. Il est la passion. Il est le rêve. L'enfer et la démesure. Le révélateur des abîmes de l'âme et l'ignoble concentré de la comédie bourgeoise. Il est l'argent!

Autour de ses tapis, le général déchu se fait l'esclave du marquis et attend le décès de la richissime Baboulinka, sa tante. Hypothèques... Héritages...Intrigues... Corruption morale sur fond de bonnes manières. Qui donc résistera à ce tourbillon de folie?

Dans ce désordre furieux, Alexis succombe à son tour au cancer du jeu. Le jeune précepteur veut séduire l'intraitable Pauline, belle-fille de son employeur. Il est pauvre et doit devenir riche. Il veut surprendre et se tuerait pour ça.

Sur Roulettenbourg, ville d'eau paisible, souffle le vent du gâchis. Une tempête frénétique emportant les derniers fétus d'une vieille Europe en lambeaux...





L'oeuvre



L'auteur :


Fédor Mikaïlovitch Dostoïevski naquit à Moscou en 1821, la même année que Flaubert et Baudelaire. A cette période, en Russie, la production littéraire se concentre autour de Pouchkine (qui meurt en 1837) et de Gogol (qui meurt en 1852).

Pour situer le contexte politique, on peut notamment expliquer que la Russie connait sa première vague de contestation démocratique portée par l'aristocratie libérale contre l'absolutisme de Nicolas Ier ; en 1825, un complot est découvert et la rébellion est étouffée. C'est l'Affaire des Décembristes.

Après des études d'ingénieur à Saint-Pétersbourg, Dostoïevski se consacre à la littérature tout en participant à des réunions clandestines de libéraux (où il s'initie à la doctrine de Fourier et au socialisme utopique), qui s'insurgent contre le régime autocratique des tsars. Arrêté en 1849, il est envoyé dans un bagne de Sibérie pendant cinq ans. A sa libération, il se remet à écrire intensément et entreprend de nombreux voyages en Europe, ce qui lui permet d'avoir un panorama très large sur son temps, et d'acquérir une solide culture générale (il avait traduit Eugénie Grandet de Balzac en 1843), malgré ses graves difficultés d'argent.

C'est en 1865 que paraissent Crime et Châtiment, et Le Joueur. Puis, c'est au tour de l'Idiot en 1868, l'Eternel Mari en 1870, Les Frères Karamazov en 1879, et le Discours sur Pouchkine l'année suivante.

Il meurt en 1881.


Ma critique :

Le joueur fait partie de ces livres "petit mais costaud" qui en une centaine de pages développe tant de sentiments, dévoile tant de l'être humain et des vices de l'aristocratie du XIXème siècle.

Dostoïevski dresse un portrait peu flatteur des mœurs bourgeoises européennes de cette époque ; tout n'y ait qu'hypocrisie, quête d'argent, de statut, manipulation des uns, discrimination des autres, ...

Et au milieu la passion qui les anime, passion amoureuse et passion du jeu ; passion qui pousse à la folie, à la psychose. Laquelle sera la plus dangereuse pour l'Homme ? Laquelle supplantera l'autre ?

On ressent dans ce court roman le mépris qu'il a pour les populations françaises, allemandes, polonaises qui ne vivent que pour l’argent alors que les russes vivent de passion, certes, destructrices.

Ecrit en 27 jours, ce court roman n'est pas le meilleur mais on y retrouve la plume descriptive des personnages si propre à Dostoïevski. Le joueur est plus ou moins autobiographique car Dostoïevski a lui aussi été repoussé par une femme et a sombré longtemps dans le jeu.

Quelques citations relevées :

Quand un pareil tempérament s'engage dans une telle voie, il n'en peut plus sortir ; c'est un traîneau lancé sur une pente de glace : toujours plus vite, plus vite, jusqu'à l'abîme.
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L'homme est despote et la femme est bourreau. Vous, particulièrement, vous aimez beaucoup à torturer.
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J’aime mieux me vautrer comme un Russe, ou m'enrichir à la roulette. Je ne veux pas, moi, devenir un Hoppe et Cie dans cinq générations. Moi, l'argent, je le veux pour moi-même, et je ne me considère pas comme une part indispensable et indivisible du capital
                             
Fiche technique :

Editeur: Plon           Date d'édition : 1887     120 pages


Pour aller plus loin :

Lecture du livre




Bande-annonce du film de Claude Autant-Lara

dimanche 15 mai 2016

Antigone, Jean Anouilh

Note : *****


Présentation de l'éditeur:

Après Sophocle, Jean Anouilh reprend le mythe d'Antigone. Fille d'Oedipe et de Jocaste, la jeune Antigone est en révolte contre la loi humaine qui interdit d'enterrer le corps de son frère Polynice.
Présentée sous l'Occupation, en 1944, l'Antigone d'Anouilh met en scène l'absolu d'un personnage en révolte face au pouvoir, à l'injustice et à la médiocrité.
«L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.» Jean Anouilh.





L'oeuvre



L'auteur :
Jean Anouilh est écrivain et dramaturge français. Il est né le 23 juin 1910 à Bordeaux, en Gironconde. Son œuvre théâtrale, particulièrement abondante et variée, commence en 1932. Elle est constituée de nombreuses comédies et d'œuvres dramatiques ou tragiques comme sa pièce la plus célèbre, Antigone (1944), réécriture moderne de la pièce de Sophocle.
Anouilh organise lui-même ses œuvres en séries thématiques, faisant alterner Pièces Roses, des comédies marquées par la fantaisie tels que Le bal des voleurs (1938), et Pièces Noires, qui montrent l'affrontement des "héros" entourés de gens ordinaires, prenant souvent appui sur des mythes comme Eurydice (1941), Antigone (1944) ou Médée (1946).
Puis après la guerre apparaissent les Pièces Brillantes qui jouent sur la mise en abyme du théâtre au théâtre: La Répétition ou l'amour puni en 1947 et Colombe en 1951. Ensuite on a les Pièces Grinçantes qui consistent en des comédies satiriques comme Pauvre Bitos ou le Dîner de têtes (1956). Dans la même période, Anouilh s'intéresse, dans les Pièces Costumées, à des figures lumineuses qui se sacrifient au nom du devoir : envers la patrie comme Jeanne d'Arc dans L'Alouette (1953) ou envers Dieu comme Thomas Becket (Becket ou l'Honneur de Dieu en 1959).
Le dramaturge a continué dans le même temps à servir le genre de la comédie dans de nombreuses pièces où il mêle farce et ironie (par exemple Les Poissons rouges ou Mon père ce héros en 1970) jusque dans les dernières années de sa vie.
Jean Anouilh a également adapté plusieurs pièces d'auteurs étrangers, Shakespeare en particulier. Il a aussi mis en scène certaines de ses œuvres (par exemple Colombe en 1974), en même temps qu'il travaillait à des scénarios pour le cinéma ou à la télévision.
Il meurt en 1987, à Lauzanne.


Ma critique :

Commençant à lire Le quatrième mur de Chalandon, j'ai fait une pause pour lire Antigone, puisque cette pièce va se trouver au centre du livre.

Antigone, est la tragédienne qui mourra pour ses convictions plus que par amour, comme beaucoup de tragédiennes raciniennes, giralduciennes, .... Comme ces auteurs, Anouilh reprend une tragédie grecque pour mettre en exerce les maux de la société actuelle ; la seconde guerre mondiale, en l'occurrence.

En rendant ce pan de l'histoire accessible à tous, grâce à une écriture simple et une mise en scène épurée, Anouilh vise juste et on retient l'idée phare de cette pièce. Comment peut-on atteindre le bonheur lorsque l'humain est confronté au pouvoir, à la fatalité, à sa moralité et son orgueil ?
Doit-on défier les lois par respect pour les liens du sang, pour son intime conviction de justice humaine, morale ?

Il y a de très belles tirades sur ces thèmes de bonheur, de la vie, du rôle de chacun au niveau politique, au niveau humain.

Et bien sûr, on lit cette oeuvre en y cherchant les doubles sens qu'il a voulu faire vis à vis de l'occupation allemande, la collaboration et la résistance. C'est très finement amené.

Lecture plaisante, rapide et instructive. Je l'ai relu dans la foulée pour l'apprécier doublement.

Et maintenant, comment Sorj Chalandon s'en est inspiré ?


Quelques citations relevées :

La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu'on grignote, assis au soleil.
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Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! Avec votre vie qu'il faut aimer coûte que coûte... Moi, je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste , moi, et de me contenter d'un petit morceau, si j'ai été bien sage.
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Tous ceux qui avaient à mourir sont morts. Ceux qui croyaient une chose, et puis ceux qui croyaient le contraire — même ceux qui ne croyaient rien et qui se sont trouvés pris dans l'histoire sans y rien comprendre. Morts pareils, tous, bien raides, bien inutiles, bien pourris. Et ceux qui vivent encore vont commencer tout doucement à les oublier et à confondre leurs noms.
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Comprendre... Vous n'avez que ce mot-là dans la bouche, tous, depuis que je suis toute petite. Il fallait comprendre qu'on ne peut pas toucher à l'eau, à la belle et fuyante eau froide parce que cela mouille les dalles, à la terre parce que cela tache les robes. Il fallait comprendre qu'on ne doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu'on a dans ses poches au mendiant qu'on rencontre, courir, courir dans le vent jusqu'à ce qu'on tombe par terre et boire quand on a chaud et se baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand on en a envie ! Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille. (Elle achève doucement.) Si je deviens vieille. Pas maintenant. 
                               
Fiche technique :

Editeur: La Table Ronde               Date d'édition : Mars 2008 (1ère édtion, 1947)               128 pages


Pour aller plus loin :

Voir Antigone, ci-dessus, pièce mise en scène par N. Biançon, en 2003

vendredi 22 janvier 2016

Electre, Jean Giraudoux

Note : *****



Présentation de l'éditeur, Le livre de poche :


Agamemnon, le Roi des Rois, a sacrifié sa fille aux dieux. Son épouse, Clytemnestre, l'assassine à son retour de la guerre de Troie, aidée de son amant, Égisthe. Oreste, le fils unique, est banni. Reste Électre, la seconde fille. « Elle ne fait rien. Elle ne dit rien. Mais elle est là.» Aussi Égisthe veut-il la marier pour détourner sur « la famille des Théocathoclès tout ce qui risque de jeter quelque jour un lustre fâcheux sur la famille des Atrides.» Mais Oreste revient et désormais Électre n'est plus que haine, assoiffée de justice et de vengeance au mépris de la menace qui pèse sur le royaume des siens.

Sur ce grand mythe de l'Antiquité, Jean Giraudoux a écrit sans doute sa meilleure pièce. Électre possède une grande force tragique sans jamais perdre cet esprit étincelant, cet humour qui ont fait de Jean Giraudoux l'un des plus grands écrivains du XXè siècle.




Feuilletez




L'auteur :
Jean Giraudoux est né en 1882, il est reçu à l'Ecole Supérieure Nationale en 1903. A partir de 1910, il devient diplomate et Vice-consul à la direction politique et commerciale du ministère des Affaires étrangères, il sera inspecteur des postes diplomatiques et consulaires en 1934, puis, en 1939, commissaire à l'Information, poste qu'il abandonnera l'année suivante pour se retirer près de Vichy, à Cusset.
Jean Giraudoux est un des dramaturges français le plus considérable de l'entre-deux-guerres. Il a écrit des pièces célèbres comme Amphitryon 38 (1928), La guerre de Troie n'aura pas lieu (1935), Électre (1937) ou Ondine (1939) ou La Folle de Chaillot jouée en 1945 après sa mort.
Jean Giraudoux meurt à Paris le 31 janvier 1944, à l'âge de soixante et un ans.

Ma critique :


J'ai encore passé un merveilleux moment avec une pièce de théâtre de M. Giraudoux. Cette fois-ci, on situe après "La guerre de Troie n'aura lieu" (je vous invite à voir ma chronique ), et même une dizaine d'année après le retour et la mort d'Agamemnon en son royaume. Ces deux pièces sont "fabriquées", pensées de la même façon : reprendre un mythe antique grecque pour dénoncer des événements, des façons d'être, de penser très contemporains.
J'ai particulièrement aimé la métaphore avec le sort des hérissons qui ne peuvent s'empêcher de traverser la route pour trouver un idéal, l'amour en l’occurrence, au risque de se faire écraser. C'est clairement une revendication sur le fait de retourner vers une 2eme guerre mondiale.
Il dénonce également les mauvaises intentions et/ou gestion des puissants (représentés par Egisthe, le Président) et la clairvoyance et la rationalisme du peuple (le jardinier, le mendiant).
De nombreuses allusions sont également faites à la croyance chrétienne, aux "pouvoirs" des Dieux, et à leurs conséquences.
Et encore une fois, il met en avant la condition féminine au travers du discours de Clytemnestre notamment.

J'ai trouvé détestable le personne d'Electre : réac, égocentrique, limite psychopathe tout de même. Elle n'a pas dépassé son complexe d'Oedipe (on pourrait appelé le pendant féminin le complexe d'Electre) :elle n'entend rien au mariage arrangé de sa mère, du besoin d'amour nécessaire pour l'accomplissement d'une femme, du meurtre orchestré de sa fille par son propre père (pour les "beaux yeux d'Hélène"). Elle reste dans son petit monde, dans l'amour de père qu'elle idolâtre alors qu'elle l'a vu cinq minutes au retour de la guerre, et au delà de ça, à l'entendre, elle aurait enfanter son frère, elle est dans cette toute puissance relative à ce stade œdipien, et ne l'a pas dépassé.
Alors qu'Electre représente le passé, Clytemnestre serait plutôt la femme moderne qui dénonce les mariages sans amour, et la quête d'une reconnaissance de soi en tant que femme d'exister autre que par son mari. Pour cette différence, la scène 5, acte II est vraiment superbement orchestrée.

Et Orestre, me direz-vous, dans tout ça ? Eh bien, ce pauvre Orestre, dès le départ il a les Euménides sur lui qui le poursuivent tout au long de la pièce puisqu'elles connaissent l'issue tragique. Lui, il est content de revenir dans son pays, de voir sa sœur, et essaye de renouer avec sa mère mais Electre qui tient les ficelles le conduira à sa perte, à ce matricide. Mais tout comme "Le guerre de Troie n'aura pas lieu", il est plutôt attentiste et manipulé par une femme.

Quelques citations relevées :

ACTE II. Scène 1

LE MENDIANT. Je dis Il. Je parle du jour.
ELECTRE. Je parle de la lumière.
LE MENDIANT. Cela ne va pas te suffire que les visages des menteurs soient éclatants de soleil ? Que les adultères et les assassins se meuvent dans l’azur ? C'est cela le jour. Ce n'est déjà pas mal.
ELECTRE. Non. Je veux que leur visage soit noir en plein midi, leurs mains rouges. C'est cela la lumière. Je veux que leurs yeux soient cariés, leur bouche pestilentielle.
                                               ---------------------------------------------------
ACTE II. Scène 2

LE JEUNE HOMME. Et tu ne trouves pas cela horrible?
AGATHE. Horrible? Épouvantable.
LE JEUNE HOMME. Et tu n'en souffres pas?
AGATHE. Pas du tout... Ah ! si j'en souffre? A mourir ! A mourir ! Embrasse-moi, chéri. Maintenant tu sais tout, et au fond j'en suis heureuse. Tu n'aimes pas mieux que tout soit clair entre nous ?
LE JEUNE HOMME. Oui. Je préfère tout au mensonge.
AGATHE. Quelle gentille façon de dire que tu me préfères à tout, mon amour ! ...
                                           


Fiche technique :

Editeur: Grasset                 Date d'édition : 1937      177 pages


Pour aller plus loin :




Electre sur le tombeau d'Agamemnon


Oreste massacrant Egisthe et Clytemnestre (1654) de Bernardino MEI

jeudi 14 janvier 2016

La métamorphose, Kafka


Note : *****


Présentation de l'éditeur, Flammarion :


Un beau matin, Gregor Samsa, fils d'une famille de petits-bourgeois à l'existence médiocre, se réveille changé en un coléoptère monstrueux. Face à cette transformation aussi soudaine qu'inexplicable, c'est le comportement de tout son entourage qui se métamorphose... Régi de bout en bout par une implacable logique, La Métamorphose (1915), récit cocasse et terrifiant, est le plus célèbre des textes de Kafka.

L'auteur :
Franz Kafka est né à Prague, alors capitale de la Bohême, qui faisait partie de l'Empire austro-hongrois, d'une famille juive peu religieuse.

Très tôt, il s'intéresse à la littérature (ses premiers écrits ont disparu, sans doute détruits par Kafka lui-même) et aux idées socialistes. Après son baccalauréat, il étudie le droit et entre au service d'une compagnie d'assurances. À côté de son travail, il continue d'écrire, suivant un programme journalier particulier : le matin, il travaille au bureau ; à midi, il dort quelques heures ; ensuite, il va se promener, dîne avec des amis, pour se mettre à écrire le soir, une activité qu'il continue tard dans la nuit.  Ses deux œuvres les plus connues sont La Métamorphose et le procès mais il écrira aussi La Colonie pénitentiaire, Le Château, L'Amérique et Le Terrier.

En 1917, il tombe malade et meurt dans un sanatorium près de Vienne, en 1924, à l'âge de 40 ans.

Ma critique :

Quelle étrange lecture que celle-ci ! Il faut dire que je m'y suis reprise à deux fois : la première fois, j'ai lu le début et je dois dire que la métamorphose m'a angoissée puisque le soir même je rêvais de cloportes énormes dans ma maison. J'ai donc attendu quelques semaines avant de m'y remettre ...

Passé le début de la transformation, j'ai plus été "choquée" .. interpellée plutôt, non pas par la métamorphose en elle-même mais le récit naturel d'un phénomène tout à fait surnaturel, c'est ce qu'on appelle le style kafkaien, une absurdité normale en quelque sorte.
Pourtant je suis une fan de l'absurde mais l'absurde poussé à fond : Stéphane de Groodt, Ionesco, ... mais lorsque l'absurdité est maîtrisée à la Kafka, c'est fort et c'est fort perturbant, on ne peut pas en rire, ni en pleurer. Doit-on plaindre Gregor? non il a pas l'air si gêne que ça en fin de compte, il veut continuer sa petite vie de cafard puisqu'il est ainsi ...

L'intérêt de ce livre n'est pas dans la métamorphose en elle-même mais les conséquences psychologiques, sociologiques qui n'ont rien de fantastiques pour le coup. C'est pour cette raison que ce livre est inclassable...

Je l'ai trouvé très intéressant dans le développement qu'il fait de cette métamorphose : l'isolement, la perte d'appétit, de relations sociales.
En une nouvelle, il a su disséquer les rapports humains et mettre en exerce le matérialisme : tu ne sers plus à rien dans la société, dans la famille au contraire tu es gênant, on te met de côté, on t'élimine ... c'était en 1912.

Et maintenant ?

Quelques citations relevées :

"Tout de même se dit, se dit Gregor, quelle vie tranquille menait ma famille", et tout en regardant droit devant lui dans le noir il éprouvait une grande fierté d'avoir pu procurer à ses parents et à sa sœur une vie pareille dans un appartement aussi beau.
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Mais dans le même temps il n’omettait pas de se rappeler qu’une réflexion mûre et posée vaut toutes les décisions désespérées.
                                         
Fiche technique :

Editeur: Flammarion                  Date d'édition : 1999     136 pages


Pour aller plus loin :

Voici une petite vidéo bien ludique qui donne une interprétation de le métamorphose :


vendredi 18 décembre 2015

La guerre de Troie n'aura pas lieu, Jean Giraudoux


Note : *****



Présentation de l'éditeur, Le livre de poche :


«La guerre de Troie n'aura pas lieu», dit Andromaque quand le rideau s'ouvre sur la terrasse du palais de Priam.
Pâris n'aime plus Hélène et Hélène a perdu le goût de Pâris, mais Troie ne rendra pas la captive car pour tous les hommes de la ville «il n'y a plus que le pas d'Hélène, la coudée d'Hélène, la portée du regard ou de la voix d'Hélène », et les augures eux-mêmes refusent de la laisser partir.
Hector, pour Troie, et Ulysse, pour la Grèce, tentent à tout prix de sauver la paix. Mais la guerre est l'affaire de la Fatalité et non de la volonté des hommes. La guerre de Troie aura lieu.

Pièce en deux actes, La guerre de Troie n'aura pas lieu a été représentée pour la première fois le 22 novembre 1935 au Théâtre de l'Athénée, sous la direction de Louis Jouvet. Son succès fut éclatant et immédiat et ne s'est jamais démenti depuis.



Feuilletez




L'auteur :
Jean Giraudoux est né en 1882, il est reçu à l'Ecole Supérieure Nationnale en 1903. A partir de 1910, il devient diplomate et Vice-consul à la direction politique et commerciale du ministère des Affaires étrangères, il sera inspecteur des postes diplomatiques et consulaires en 1934, puis, en 1939, commissaire à l'Information, poste qu'il abandonnera l'année suivante pour se retirer près de Vichy, à Cusset.
Jean Giraudoux est un des dramaturges français le plus considérable de l'entre-deux-guerres. Il a écrit des pièces célèbres comme Amphitryon 38 (1928), La guerre de Troie n'aura pas lieu (1935), Électre (1937) ou Ondine (1939) ou La Folle de Chaillot jouée en 1945 après sa mort.
Jean Giraudoux meurt à Paris le 31 janvier 1944, à l'âge de soixante et un ans.

Ma critique :


La guerre de Troie n'aura pas lieu ? eh bien, si, l'Histoire ou (et?) le Destin veut qu'elle ait eu lieu, mais comment en est-on arrivé là ?

Petit rappel de l'histoire : Tout à commencé un jour de banquet où la déesse de la Discorde qui n'était pas invitée (un peu comme Maléfique à la naissance d'Aurore ...) décide de lancer la Pomme de la discorde où il est écrit "pour la plus belle". Bien sûr, les déesses toutes aussi superficielles et orgueilleuses les unes que les autres demandent à Zeus (mâle dominant mais plutôt pleutre sur ce coup) de désigner LA plus belle. Celui-ci décide de confier cette tâche (si existentielle) à Pâris, un troyen (le plus beau de tous les humains) qui choisit la belle Aphrodite qui lui promis l'Amour de la plus belle des mortelles .... la fameuse Hélène. Sauf que Hélène, grecque d'origine, est mariée à Ménélas ... et c'est là que commence le drame : ils partent vers Troie rejoindre le père et roi de Troie, Priam. Ménélas, quant à lui rameute tous les rois des états grecs, qui en pinçaient tous pour la belle Hélène et lui avaient juré protection (Ulysse, Achille, .. pour les plus connu).

La pièce de Giraudoux, commence donc quand Hector, fils de Priam et frère de Pâris, rentre de guerre, en se disant qu'il a bien mérité un peu de repos et qu'il va enfin profiter de sa femme Andromaque (la célèbre Andromaque, bien connu des "raciniens") qui de surcroit, attend un petit (la fameuse pièce d'échange au cœur de l'ouvre de Racine). Et là, il apprend que son frère, Pâris n'est pas rentré seul et qu'Hélène est tellement bêeelle que personne ne veut qu'elle parte et puis tant pis s'il y a une guerre après tout ...
Le pauvre Hector ! Il tente tout pour éviter cette guerre, la persuasion auprès des hommes et d'Hélène, l'humiliation (en passant outre les gifles de Oiax et même la cour qu'il fait à sa propre femme) et la démonstration, avec Ulysse. Il est épaulé de sa sœur Cassandre, qui prédit tous les malheurs que cela engendrera sur Troie, mais comme Apollon a bien fait son boulot, personne ne la croit (je rappelle, qu'elle a le don de divination mais Apollon, furieux d'avoir été éconduit par la demoiselle, lui a retiré le don de persuasion) et de sa femme Andromaque (qui sent bien que c'est elle qui va perdre beaucoup dans l'histoire ...) qui essaye elle aussi de dire à Hélène de repartir en Grèce, en vain ...à la fin elle lui demande au moins d'aimer Pâris pour que les hommes ne meurent pas pour rien ...

De l'autre côté, chez les grecs, Oiax qui au départ, est très virulent et veut tuer Pâris pour l'affront fait à Ménélas et aux Grecs, ressort, après sa discussion avec Hector, plutôt raisonné et est prêt à repartir. Reste plus qu'à décider Ulysse, messager des grecs, qui lui n'est ni pour ni contre, ils s'en remet au Destin.
Le pire personnage est donc Demokos, le poète "guerrier", il trouve tous les faux prétextes pour que les autres aillent au combat (pas fou le gars, c'est pas lui sur le front ...): la fierté troyenne, les valeurs à défendre, les femmes à protéger, et enfin le mensonge.

Le destin fait que ...

Mais éloignons-nous un peu de la guerre de Troie car comme dans l'Histoire, cette pièce sert de cheval de Troie à Giraudoux pour nous dire ce qu'il pense de la guerre, des décideurs, de la vanité des hommes et de la future guerre qui se prépare.

Nous sommes en 1935, aux prémisses de la 2nde guerre mondiale et Giraudoux, qui a combattu à la 1ère a bien senti dans l'atmosphère qui règne qu'une 2eme n'est pas loin de se déclarer. Et donc, clairement, les causes, ce ne sont pas pour une belle femme ou pour suivre un quelconque destin mais à cause des hommes et principalement ceux qui ne sont pas sur le terrain, les décideurs, les chefs (représenté par Priam) et les intellectuels, les patriotes sur le papier (Demokos, dans la pièce).

Un petit mot sur le style d'écriture, il use du mélange des genres entre la tragédie, la comédie et l'absurde (voire burlesque) : voir les citations. Il a su rester dans l'histoire grecque tout en parsemant des faits d'histoire contemporaine (a savoir sur la 1ère et la 2nde guerre mondiale) très habilement et intelligemment. Un grand auteur !!

Quelques citations relevées :

Acte I, scène 6 :
ANDROMAQUE : Oh ! justement, père vous le savez bien ! Ce sont les braves qui meurent à la guerre. Pour ne pas y être tué, il faut un grand hasard ou une grande habileté. Il faut avoir courbé la tête ou s'être agenouillé au moins une fois devant la danger. Les soldats qui défilent sous les arcs de triomphe sont ceux qui ont déserté la mort. Comment un pays pourrait-il gagner dans son honneur et dans sa force en les perdant tous les deux?
PRIAM : Ma fille, la première lâcheté est la première ride d'un peuple.
ANDROMAQUE : Où est la pire lâcheté? Paraître lâche vis-à-vis des autres, et assurer la paix? Ou être lâche vis-à-vis de soi-même et provoquer la guerre?
DEMOKOS : La lâcheté est de ne pas préférer à toute mort la mort pour son pays.
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Acte I, scène 4 :
PARIS: Dis-moi que tu hais Ménélas ...
HELENE : Ménélas? Je le hais.
PARIS: Tu n'as pas fini... Je ne retournerai jamais en Grèce. Répète.
HELENE : Tu ne retourneras jamais en Grèce.
PARIS : Non, c'est toi qu'il s'agit
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Acte II, scène 3 :
DEMOKOS : Hélène, une minute ! Et regarde-moi bien en face. J'ai dans la main un magnifique oiseau que je vais lâcher... Là, tu y es? ... C'est cela... Arrange tes chevaux et souris un beau sourire.
(...)
DEMOKOS : Ne bouge plus...Une ! Deux ! Trois ! Voilà ... c'est fait, tu peux partir ...
HELENE : Et l'oiseau?


Fiche technique :

Editeur: Le livre de poche                  Date d'édition : Février 1972      190 pages


Pour aller plus loin :


Vénus persuade Hélène de tomber amoureuse de Pâris par Angelica Kauffman. 
( © Musée de l'Ermitage, St Petersbourg)

Hector adresse des reproches à Pâris - P.C.F. Delrome -  © musée de Picardie (Amiens)


Le cheval de Troie, détail d'une peinture de Giambattista Tiepolo


lundi 2 novembre 2015

Les hauts de Hurle-Vent, Emily Brontë


Note : *****

Présentation de l'éditeur, Le livre de Poche :


Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l'ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s'approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu'au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.
Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses sœurs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente ni cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l'orgueilleux qui l'a tuée.

L'auteur :
Emily Jane Brontë ,est une poétesse et romancière britannique du début XIXème siècle, sœur de Charlotte Brontë et d'Anne Brontë. Les Hauts de Hurlevent est son unique roman et est considéré comme un classique de la littérature anglaise. Pendant son enfance, après la mort de sa mère et de ses deux sœurs les plus âgées dans un pensionnat, son père, décide de laisser aux enfants une grande liberté.
Emily, talentueuse et solitaire, aura toujours du mal à composer avec le monde extérieur. Une seconde tentative de scolarisation, puis un premier poste d'institutrice se solderont par des échecs. En 1842, elle se rend à Bruxelles avec sa sœur Charlotte, dans le pensionnat de M. Héger, mais la mentalité catholique, jugée hypocrite et sans principes, heurte ces filles de pasteur, et Emily se languit loin de sa lande. Elle retourne à Haworth, où elle remplit le rôle de femme de charge du presbytère. Emily acquiert, chez ceux qui viennent à la connaître, une réputation de sauvagerie, de courage physique et d'amour des animaux. Elle partagera désormais le reste de ses jours entre les tâches ménagères, les longues promenades sur la lande et l'écriture.

Ma critique :


On se situe dans l'Angleterre du début 19ème, dans un lieu dit perdu dans la lande, mais avec les us et coutumes de la petite bourgeoisie britannique. On suit le destin brisé d'une jeune fille issue d'une famille de la noblesse, amoureuse de son frère de lait, jalousé et détesté par son frère de sang; donc, comme dans toute romance dramatique, rien ne se passera comme prévu et toutes les décisions auront des répercussions sur les descendants de chacun d'eux.

Si Emily a un réel talent d'écriture, j'ai plus apprécié le style de Charlotte et de sa Jane Eyre, je n'ai pu m'empêcher de faire des comparaisons entre les deux. Les Hauts paraissent pour moi, trop ancrés dans le style romantique, même si elle y dénonce également l'aristocratie, l'inconstance des femmes, tout parait plus mièvre, plus fade mais également plus tortueux, à la limite de la folie. Mais cela n'enlève en rien son talent, ses personnages sont bien travaillés, ils évoluent tout au long de leur vie mais en gardant un caractère singulier (ce qui est rare dans la littérature contemporaine), ce qui nous amène aussi bien à détester et à avoir de la pitié pour un même personnage. Elle a su créer une ambiance mortifère, de l'enfance à la mort, les personnages, les lieux sont englués dans le brouillard glaçant, la cruauté humaine (de l'indifférence à la méchanceté).
Il faut se remettre dans le contexte pour apprécier une oeuvre à sa juste valeur. Emily mérite d'autant plus cette reconnaissance pour son écriture, qu'elle vivait en quai-recluse, à lire les faits divers du journal du village et qu'elle a jamais "goûté" à l'amour.


Un petit aparté, je ne sais pas qui réalise les 4ème de couverture, mais la personne qui a réalisée celle du livre de poche n'a pas lu le même livre que moi. Il est dit : "quand un jeune bohémien attira le malheur". Je ne suis pas d'accord avec cette approche de la situation : au départ, ce jeune homme n'a rien de maléfique, il le devient par la méchanceté et les décisions du frère aîné. Ensuite, il est dit :"Cachant son amour pour Catherine", encore contraire au livre, leur fraternité va se transformer en amour passionnel et ils ne s'en cachent pas, c'est pour cela qu'ils sont séparés et arrivera ce qu'il devait arriver ... !!

Quelques citations relevées :

"Mr Heathcliff, vous n'avez personne pour vous aimer, vous; et, si misérables que vous nous rendiez, nous aurons toujours la revanche de penser que votre cruauté vient de votre misère encore plus grande. Car vous êtes misérable, n'est-il pas vrai? Seul, comme le démon, et envieux comme lui! Personne ne vous aime, personne ne vous pleurera quand vous mourrez! Je ne voudrais pas être à votre place!"
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"- Vous croyez qu'elle m'a presque oublié? Oh! Nelly! Vous savez bien qu'il n'en ait rien. Vous savez tout comme moi que, pour chaque pensée qu'elle accorde à Linton, elle m'en accorde mille! (...) Quand il l'aimerait de toutes les forces de son être chétif, il n'arriverait pas à l'aimer en quatre-vingts ans autant que moi en un jour."


Fiche technique :

Titre Original : Wuthering Heights
Traducteur : Frédéric Delebecque (Traducteur)
Préface: Michel Mohrt (Préfacier)
Editeur: Editions de Fallois / Le livre de poche       Date d'édition : Juillet 1974        416 pages


Pour aller plus loin :

La dernière adaptation cinématographique ... bande annonce :


Une adaptation bande dessinée, dont voici la couverture  :

Et une planche, pour capter l'ambiance :